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 Interview - Amadou Koné, Ministre du Tourisme et de l’Artisanat : " Nous voulons faire du tourisme le contre poids de l’agriculture "
(4 Decembre 2006)


pic2Amadou Koné, nommé il y a plus d’un an à la tête du ministère du Tourisme et de l’Artisanat se dévoile. Dans cet entretien, à bâton rompu, le ministre Amadou Koné fait le bilan de sa gestion. Il explique ses grandes ambitions pour le développement du tourisme et de l’artisanat.

Monsieur Amadou Koné, quel bilan pouvez-vous dresser depuis votre nomination à la tête du Ministère du Tourisme et de l’Artisanat ?

En termes de bilan, je peux affirmer que je suis personnellement satisfait. J’espère qu’il en est de même pour les opérateurs et les consommateurs des produits du secteur du tourisme et de l’artisanat. Les chantiers, en ce qui concerne ces deux secteurs d’activités économiques, sont extrêmement vastes.

Le terrain reste à labourer. Les sillons ont été tracés par mes prédécesseurs, mais faute de moyens, la plupart des projets élaborés par le passé, n’ont pu être menés à terme. De sorte que, lorsque nous sommes arrivés à la tête de ce département, notre première action a consisté à faire un diagnostic critique, un état du tourisme et de l’artisanat. Après les travaux de Korhogo ayant réuni près de 200 opérateurs et l’administration publique du Tourisme et de l’Artisanat en mars 2006, le Ministère a, d’une part, réactivé une série d’actions entamées par mes prédécesseurs et d’autre part, ouvert de nouveaux chantiers de sorte à offrir aux décideurs, aux investisseurs, aux opérateurs et aux consommateurs, une vision stratégique claire avec des objectifs précis.

Cette vision qui est de faire du secteur du tourisme et de l’artisanat ivoirien, le contrepoids économique de l’agriculture. Le pays en a les ressources et l’économie mondiale donne à espérer.

Aussi, le Ministère du Tourisme et de l’Artisanat a-t-il choisi la période de flottement actuelle pour tracer les sillons des défis à relever en travaillant à poser les bases solides d’une relance définitive du secteur du tourisme et une plus grande structuration du secteur de l’artisanat. Ainsi nos actions ont-elles été axées autour de :

 lesv réformes institutionnelle et réglementaire, notamment la rédaction des Code du Tourisme et de l’Artisanat ;

 la restructuration des structuresv d’encadrement et de promotion que sont Côte d’Ivoire Tourisme et la Chambre Nationale de Métiers ;

 l’élaboration du plan directeur du développementv du tourisme et de celui de l’artisanat ;

 l’adoption d’une démarchev qualité pour rendre le tourisme et l’artisanat ivoiriens compétitifs

v la facilitation des investissements nationaux et étrangers ;

 plusieursv actions de valorisation et de revalorisation du patrimoine national d’intérêt touristique

 la définition d’une stratégie de formation diplômante auv tour du Lycée hôtelier et qualifiante par l’érection du futur centre d’application de Daoukro

Et en tant que Ministre issu des Forces nouvelles, quel est le signal fort avez-vous donné ?

Vous accepterez que je situe votre préoccupation à trois niveaux.
Premièrement, en ma qualité de membre du gouvernement, je ne cesse à l’intérieur comme à l’extérieur du pays d’encourager les Ivoiriens et las amis de la Côte d’Ivoire à continuer à faire confiance au pays et de présenter le vrai visage de la majorité de Ivoiriens, c’est-à-dire un peuple hospitalier.

Ensuite, en tant membre des Forces nouvelles, j’œuvre constamment, en indiquant les voies à suivre et en intervenant à faciliter l’action de mes collègues dans les zones Centre, Nord et Ouest au profit des populations.

Enfin, dans le cadre de mes attributions, j’associe le Ministère du Tourisme et de l‘Artisanat à toutes les actions tendant à ramener la confiance entre Ivoiriens. Notamment en facilitant la liberté de circuler entre le Nord et le Sud, en associant le Ministère du Tourisme et de l’Artisanat à des événements socio-culturels et sportifs de portée nationale comme l’élection Miss-Côte d’Ivoire sur toute l’étendue du territoire.

Aussi, le premier acte que nous avons posé, dans le sens des deux objectifs que nous nous sommes fixés au Ministère, notamment le diagnostic critique et la liberté de circulation des biens et des personnes, a été d’organiser un séminaire qui s’est déroulé en deux étapes. La première étape nous a conduits à Bouaké où nous avons installé le directeur régional du tourisme et de l’artisanat. La seconde étape nous a conduits à Korhogo. Là-bas, nous avons, trois jours durant, travaillé avec des responsables de l’administration publique, des opérateurs privés, des investisseurs, des artisans venus de l’ensemble du pays. Faisant ainsi tomber les barrières de méfiance de part et d’autre de la zone démilitarisée qui sépare le Sud du Nord de notre pays.

Les personnes ayant participé à ce séminaire, sont venues de tous les horizons du pays. Ce sont les premières actions que nous avons menées et qui auguraient de l’importance que nous attachions à faire en sorte que nous puissions, par ces deux secteurs, contribuer, non seulement au développement économique et social du pays, mais aussi travailler à la réconciliation nationale.

Quelles ont été les retombées de ce grand séminaire ? Quels échos en avez-vous recueilli ?

Les échos ont été favorables et encourageants. La première action qui a été entreprise par les participants, a été la mise en place d’une coalition pour la réconciliation. Par ailleurs, il faut noter que le diagnostic critique que nous avons fait, et les recommandations qui ont sanctionné le séminaire, nous ont permis d’élaborer une ébauche de notre plan d’action, à court moyen et long termes. Cette ébauche qui nous a permis de produire une note interne de politique générale que nous nous attelons à mettre en œuvre.

Cette note de politique générale contient un certain nombre d’actions. Au niveau du tourisme, il s’agit, notamment de la révision du code du tourisme, qui revêt un caractère particulier. Il y a aussi la mise en place d’un fonds de développement touristique qui sera incessamment soumis à l’approbation du Conseil des Ministres, la mise en place d’un cadre de concertation permanent entre l’administration publique, les investisseurs, les opérateurs économiques et les consommateurs, à savoir le Conseil National du Tourisme et de l’Artisanat.

Toujours concernant le tourisme, la revalorisation d’un certain nombre de potentialités touristiques dont regorge la Côte d’Ivoire. A cet effet, nous avons mis en place un chantier dont l’exécution est en cours par ailleurs. C’est dans ce cadre que se situe ce que nous avons pu faire à Man (réhabilitation du pont de lianes de Zadépleu) avec le soutien de l’Onuci. Dans le cadre du budget 2007, nous avons sollicité des moyens pour la mise en œuvre d’une série d’actions, d’activités, et d’études que nous comptons réaliser. Leur prise en compte nous permettra de dérouler beaucoup plus aisément notre programme d’activités. Pour ce qui est de l’artisanat, qui a été fortement perturbé…

En quoi ce secteur a-t-il été perturbé ?

Du fait de cette crise, plusieurs personnes ont perdu leur emploi. Il y a eu beaucoup de déplacés de guerre, qui se sont lancés dans le secteur des métiers. De sorte qu’aujourd’hui, nous sommes au-delà des 40% de la population active ivoirienne évoluant dans l’artisanat avant la crise. Par ailleurs, le secteur de l’artisanat a été négativement perturbé par la destruction massive de produits et de biens de production; ce qui a accentué la déstructuration de ce secteur. Cette crise a fortement contribué à freiner les actions des structures rattachées que sont les Directions régionales du tourisme et de l’artisanat d’une part, et celles des délégations régionales départementales de la Chambre nationale de métiers. De plus, la plupart des organisations professionnelles départementales n’ont pu être installées alors que le gouvernement ivoirien comptait sur le dynamisme et le déploiement de la chambre des métiers pour que l’artisanat ivoirien soit un artisanat ambitieux.

Monsieur le Ministre, c’est un vaste programme qui nécessite beaucoup de moyens financiers. Or, vous avez indiqué que vous manquez de moyens. Comment allez-vous, vous y prendre ?

Nous avons élaboré un programme ambitieux et peu coûteux au regard des retombées attendues aussi bien en termes de création d’emplois que d’accroissement des revenus de l’Etat. J’ai bon espoir quant à son financement. Il y a des secteurs d’activités comme ceux du tourisme et de l’artisanat qui sont capables de créer immédiatement des ressources additionnelles à l’Etat. Ils ont donc besoin d’être soutenus. Les secteurs du tourisme et surtout de l’artisanat ont été longtemps méconnus. C’est peut être aussi une explication aux difficultés de financements. Beaucoup d’artisans s’ignorent comme tels. Vous savez, l’artisanat ivoirien comprend 243 corps de métiers. Il est donc nécessaire pour l’Etat de connaître et d’organiser les artisans.

Je rappelle que l’artisanat ivoirien englobe sept branches d’activités que sont : le secteur des métaux mécaniques, celui des bâtiments, de l’alimentation, des cuirs et peaux, de l’habillement, des arts et des services.

Que faut-il pour les organiser ?

L’organisation des artisans de façon globale relève selon le décret n°93-01 du 07 janvier 1993 portant création de la Chambre nationale de métiers, ladite chambre consulaire. Cette institution devrait être dotée de moyens conséquents pour organiser les artisans. Or, du fait de la crise actuelle, elle ne dispose pas de ces moyens-là. Cette situation est imputable à la Chambre nationale de métiers, au Gouvernement. Nous sommes donc obligés d’évoluer par paliers. Nous avons décidé de restructurer et de redynamiser la Chambre nationale de métiers. Il faut que ses activités, ses missions et ses moyens d’actions soient redéfinis et connus de tous. Il faut que la Chambre nationale de métiers, adossé à l’Etat de Côte d’Ivoire, puisse apporter un appui nécessaire aux artisans afin que ces derniers s’intéressent à elle.

Pour ce faire, il y a d’abord la nécessité de recenser tous ceux qui exercent dans ce secteur d’activité, de leur proposer des produits capables de rendre notre artisanat et le secteur des métiers compétitifs. Je pense que les artisans ivoiriens ont un savoir-faire remarquable, ils sont pétris de talent. Il suffit de parcourir certains pays de la sous-région pour se rendre compte de l’habileté des artisans ivoiriens, notamment les maçons, les menuisiers et les ébénistes. Nous nous attelons à accroître les moyens de la Chambre nationale de métiers. Toujours est-il que le chantier reste vaste ; il y a encore beaucoup d’actions à mener. La concertation nationale que le Gouvernement nous a autorisée récemment à organiser, nous permettra d’affiner la réflexion que nous avons menée au Ministère en tenant compte des recommandations faites par les séminaristes à Korhogo, en mars dernier.

Vous avez mentionné que vous allez procéder à la revalorisation des sites touristiques. Sur quelle base se fera le choix de ces sites ?

Revaloriser les sites touristiques consiste en leur exploitation et en leur promotion. Or, du fait de la crise, il y a une nécessité de réhabiliter ces sites avant de les revaloriser. Concernant la réhabilitation des sites, nous nous appuyons sur toutes les opportunités qui s’offrent à nous. Nous l’avons fait récemment avec l’Onuci. Nous avons aussi introduit des demandes auprès d’autres organismes pour continuer notre programme de réhabilitation des sites touristiques.

Dans la même veine, nous sommes en train de préparer un dossier à soumettre à l’Unesco. Pour ce qui est de la revalorisation, nous entendons promouvoir tous les produits d’intérêt touristique.

Nous sommes présentement en train d’établir le programme de dix événements socio-culturels et sportifs majeurs que nous avons retenues sur l’ensemble du territoire. Il s’agira d’apporter à ces activités un soutien en termes institutionnel, de professionnalisation et de moyens. C’est dans cette perspective que nous comptons mettre en place des structures en vue de professionnaliser, de programmer, d’organiser et de pérenniser certains événements tels que le Carnaval de Bouaké, la fête de l’Abissa, le Katana festival de Korhogo, le Géhéva de Man… Nous travaillerons pour ce faire en collaboration avec le Ministère de la Culture et de la Francophonie, les municipalités, les conseils généraux et les initiateurs de ces événements.

Au Ministère du Tourisme et de l’Artisanat, nous allons nous appuyer sur ces événements pour faire la promotion des sites, des curiosités et des potentialités touristiques des régions qui abritent ces événements-là. Nous pourrons organiser un circuit touristique, par exemple, dans la Région de la Vallée du Bandama et des Lacs, à l’occasion de la prochaine édition du Carnaval de Bouaké, si les moyens nous sont fournis.

Ceci permettra de créer des emplois, d’amener des richesses…
Bientôt, le calendrier des dix activités majeures retenues sera connu. Et nous espérons que ce projet permettra aux Ivoiriens de se côtoyer beaucoup plus, de se déplacer et de faire du tourisme à l’intérieur du pays.

Le choix des sites à revaloriser se fera donc en tenant compte du calendrier de ces événements et de la volonté des collectivités territoriales décentralisées à œuvrer pour la promotion touristique des différentes régionales.

Avez-vous l’intention de reprendre l’exploitation du Club Méditerranéen d’Assinie ?

Nous sommes en train de reprendre l’exploitation du Club Med d’Assinie. Il y a de cela quelques mois, nous nous sommes rendus au siège du Club Med à Paris. Après quoi nous avons reçu ici à Abidjan des représentants du Groupe, venus de Paris et de Dakar, pour discuter de la reprise de l’exploitation du Club Méd par l’Etat ivoirien.
Nous sommes en train de travailler à la réouverture de ce site puisque nos partenaires ont marqué leur accord. Nous œuvrons à ce que cela se fasse.

Le tourisme a une place considérable dans l’économie de certains pays. Qu’en est-il de la Côte d’Ivoire ?

Malheureusement le tourisme ne représente pas grand’chose dans l’économie ivoirienne d’aujourd’hui, alors que le niveau infrastructurel, le climat, la faune, la flore et la diversité de notre richesse culturelle constituent des atouts à nul pareil ailleurs. Savez-vous que Assinie constitue le plus beau site de ski nautique au monde reconnu par les experts ? Savez-vous que la forêt de Taï est la seule réserve de flore demeurée en l’état en Afrique sub-saharienne et que San-Pedro constitue le site de pêche sportive le plus recherché au monde ?

Alors que nous avons des sites touristiques très prisés ?

Il n y a pas que les sites touristiques qui attirent les touristes. Il y a plusieurs autres éléments qui entrent en ligne de compte, notamment les établissements, les infrastructures touristiques, la qualité de l’accueil, la sécurité…mais il y a également la promotion de ce tourisme-là, des établissements, des sites touristiques et les facilités administratives liées à la délivrance du visa.

La Côte d’Ivoire, malheureusement, n’a pas suffisamment investi dans la promotion et l’exploitation de ses richesses touristiques. C’est bien dommage parce que selon l’OMT, le tourisme rapporte annuellement environ 200 milliards de Fcfa au Sénégal. Ce chiffre est d’ailleurs contesté par les autorités sénégalaises, car là où l’OMT annonce 400 000 touristes par an, les Sénégalais parlent de 900 000, soit près de 500 milliards de F CFA de recettes. Le tourisme peut donc rapporter autant à la Côte d’Ivoire, pourvu qu’on y investisse.

Pour ce faire, nous sommes en train de travailler sur trois axes. Le premier est que l’Etat doit afficher ses intentions, ses objectifs en matière de développement touristique. Au plus haut niveau, il faut que nous disions que le tourisme est une priorité. La seconde disposition ou axe majeur concerne la promotion de l’investissement public et privé. Je voudrais souligner à cet effet que cette action ne doit pas se limiter seulement aux investissements privés extérieurs. L’accent doit être également mis sur l’i